14.02.2012
L’UDC a attrapé la grippe à cause du Gripen E/F, virus pour si in« offensif » comparé à ces concurrents
L’UDC a attrapé la grippe à cause du Gripen E/F, virus pour si in« offensif » comparé à ces concurrents !
Et ce virus n’est pas la seule cause du malaise que doit traverser l’UDC actuellement !
C’est en lisant un article paru dans le Matin Dimanche du 12.02.2012 que j’ai appris, à ma grande stupéfaction, les dessous de l’affaire de l’achat du Gripen par le Conseil Fédéral, achat défendu bec et ongles par le Conseiller Fédéral Ueli Maurer d’appartenance UDC.
Des tests ont été effectués pour toutes les missions que devrait remplir ce nouvel avion de combat en 2008 et les rapports d’évaluation établis en 2009 : Concernant les missions, toutes les notes étaient inférieures au minimum requis par la Confédération (et Ueli Maurer était au courant de ces rapports) alors que ses deux autres concurrents dépassaient cette moyenne et ce toujours dans le même ordre : en 2ème position l’Eurofighter, en 1ère position le Rafale français. Seule la note attribuée au prix d’achat était supérieure à ce minimum.
Mais tous ces tests ont été effectués par des pilotes suisses sur le modèle biplace Gripen C/D.
En 2011, le constructeur de cet avion, Saab, sort un nouveau modèle : le Gripen E/F, monoplace, dont il n’existe qu’un seul exemplaire appelé « Gripen Demonstrator », qu’aucun pilote suisse n’a encore testé pour noter les missions qui lui seront dévolues. Cet avion n’aurait fait que 250 vols depuis sa construction et ce surtout en Suède en Inde. Et, au grand dam des pilotes suisses dont beaucoup, sous le couvert de l’anonymat et je les comprends, expriment leur frustration et leur mécontentement vis-à-vis du matériel dont ils seront sensés être dotés, le Conseil Fédéral, toujours sur les conseils d’Ueli Maurer, escamotant toujours les rapports de 2009 sur l’ancien Gripen C/D (désolé pour les répétitions, mais il est parfois nécessaire d’enfoncer le clou), et toujours sur la base d’un prix attractif, se décide d’acheter le Gripen E/F qui n’est pour l’instant, et j’insiste, qu’un appareil de démonstration !
Que veut dire toute cette gabegie ?
1 – le Conseiller Fédéral chargé des Affaires Militaires a t'il vraiment escamoté des rapports de test?
2 – le Conseil Fédéral se décide pour acheter une version « prototype » d’un avion de combat, sans qu’aucune évaluation militaire suisse n’ai été établie ayant trait aux missions qui seront confiées à cet avion
3 – Et les Magistrats du sommet de l’Etat se décident selon un vrai « melting pot » de rapports anciens camouflés.(voire retouchés ?), peut-être sur la base hypothétique de rapports de tests de pilotes suédois ou indiens, et apparemment seulement sur un critère de coût. Et pire, ils s’accorderaient à mentir au peuple, sur les arguments d’achat, lors de la votation populaire au nom du principe de Collégialité ! Ce ne serait pas une nouveauté si l’on se souvient des affirmations de Mme Widmer-Schlumpf sur l’ex président de la BNS dans l’émission Arena à très grande audience en Suisse Alémanique, donc dangereuse par l’impact médiatique dont cet émission jouit (En apparté : Mme Widmer-Schlumpf appartenait aussi à l’UDC avant que cette dernière ne l’exclue en représailles à son élection aux dépens de M. Blocher
4 – Que signifie ce système de gouvernance et qui a manipulé qui et quoi ?
Comme conséquence, même Yvan Perrin, vice-président de l’UDC, prend ostensiblement ses distances vis-à-vis de la décision du Conseil Fédéral et surtout de son collègue de parti Ueli Maurer. Et d’après son interview dans le Matin Dimanche du 12.02.2012 : il remet même complètement en question l’achat de cet appareil ! Attendons donc un probable tour de passe-passe de l’UDC pour sortir de cette « bourde » monumentale… Mais je suis d’accord avec M. Perrin, il faut reprendre cette affaire dès le départ en suivant la procédure de sélection prescrite !
Permettez-moi maintenant, comme je le citais dans le titre de mon article, d’en venir aux autres causes du malaise de l’UDC :
L’affaire Zuppiger et ses suites :
En préambule je tiens à affirmer, même si mon cœur et mes idées sont à gauche, que l’UDC, 1er parti du pays en terme d’électeur a droit et aurait du obtenir un second siège lors des dernières élections au Conseil Fédéral !
- Seulement voilà, l’affaire Zuppiger éclate dans les médias et en une quinzaine, l’UDC est obligée de trouver d’autres candidats ayant la carrure de Conseiller Fédéral.
- Cette course aux candidats jette évidemment une certaine suspicion concernant le parti tout entier.
- De plus, elle porte ses attaques sur la mauvaise personne : Mme Widmer-Schlumpf qui même si elle a été réélue avec un score mitigé, jamais elle n’aurait été sacrifiée par les chambres à cause du symbole qu’elle représentait (la tombeuse de M.Blocher) et par la qualité de son travail au ministère des Finances.
- A mon avis, L’UDC aurait du dès le départ marchander avec les partis de droite pour attaquer le siège de M. Schneider-Amman dont la figure était peu charismatique et dont le bilan de son travail était toujours resté dans l’ombre. Bref, un homme politique à l’image plutôt terne et faible.
- Ne pouvant déboulonner Mme Wiedmer-Schlumpf, l’UDC s’attaque, contre toute attente, à tous les autres sièges vacants. Voilà de quoi faire perdre beaucoup de crédibilité quant à la capacité de gouvernance de ce parti !
L’UDC a donc commis des erreurs stratégiques dont elle a payé le prix. Et même si M : Blocher avait orchestré tout cela dans le but d’avoir un pied au Conseil Fédéral et un pied dans l’opposition, cette attitude ne pourra que contribuer à augmenter encore plus la méfiance des autres partis à son égard (citons, pro memoriam, les distances que le PLR a déjà pris d’avec l’UDC.
D’ailleurs à quoi cela peut-il bien servir d’être le premier parti du pays si ce dernier n’a d’autres pouvoirs que celui des initiatives populaires récurrentes et en quoi une victoire dans l’affaire des « minarets » apporte une incidence quelconque sur la vie des citoyens, pourtant exigence première de ceux qui se targuent d’être des politiciens? A en croire que l’UDC Blochérienne a peur d’exercer les responsabilités du pouvoir politique !
Ensuite il y a eu l’affaire de la tentative de mainmise sur les médias par l’intermédiaire de la famille de sang de M. Blocher. Tentative avortée d’être « un Berlusconi » helvétique quand ces histoires sont parues dans la presse. Le loup recule dans sa tanière mais que se passe t’il dans l’ombre ?
Enfin, il y eut l’affaire Hildebrand. Je passe sur l’attitude de la presse pour défendre jusqu’à la dernière minute l’ex président de la BNS, pour parler des attaques virulentes contre M, Blocher. Il est vrai, qu’il a utilisé des documents volés pour faire éclater l’affaire. C’est une attitude quelque peu encombrante et l’on ne saura jamais d’ailleurs s’il n’en a pas été, dans l’ombre, l’initiateur en utilisant son réseau. Mais peu importe !
Je me trouve, concernant cette affaire et plus généralement par principe, dans un conflit entre l’Ethique et le Droit. Le Droit peut-il protéger des personnes commettant des malversations au détriment de l’Ethique ou, au nom de l’Ethique, peut-on enfreindre le Droit pour dénoncer une malversation ? C’est un problème politico-philosophique qui mériterait un long débat et bien des ajustements aux lois en vigueur ! Et ce dilemme ne fait pas prendre la défense de M. Blocher !
Et depuis, exceptée l’interview, citée plus haut, d’Yvan Perrin c’est le silence radio de la part de l’UDC, même de la part de ce cher Oskar (ce qui est rarissime de sa part), à en croire qu’il a rejoint les marmottes valaisannes pour les accompagner dans cette longue Hibernation? Monsieur Freysinger, je vous présente mes de excuses pour vous avoir interpelé par votre prénom! Il est vrai que nous n'avons jamais élevé les "reines" ensemble.
Jacques Karpowicz
18:02 Publié dans Economie, Médias, Monde, Société - People, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Les commentaires sont fermés.