11.02.2012
Réponse et suite à mon blog: Le lein récurrent entre la Russie et les dictatures....
Tout d’abord merci pour votre réponse a mon blog : « le lien récurrent entre la Russie et les dictatures sanguinaires ou la malédiction de la mémoire collective du peuple russe. En guise de préliminaire à ma réponse, j’aimerais vous faire part de 4 choses :
- Premièrement : je suis français mais d’origine russe par ma mère et mon père. Et même si ma culture et ma personnalité sont parfaitement francophiles, je n’en reste pas moins touché par les évènements en Russie, surtout quand ils contribuent à soutenir des abominations alors que je caresse le rêve de voir un jour cette Nation connaître enfin une véritable démocratie engagée dans les valeurs correspondantes (si cela est possible, là-bas comme ailleurs dans notre monde et notre histoire, mais c’est un autre débat).
- Deuxièmement : la structure de mon blog était peut-être mal adaptée au message final que je souhaitais faire passer. Il est vrai que j’insiste beaucoup sur les liens politiques de la Russie dont les conséquences sont l’injustice flagrante, le reniement sans scrupule des Droits de l’Homme et du Citoyen, les massacres, les douleurs et les crimes contre l’humanité perpétrés au nez et à la barbe du monde. Mais je voulais parvenir à mon but en soulevant, dans les derniers paragraphes, des paramètres psychologiques personnels des dirigeants et d’« historico-psychologie » (courant nouveau le la psychiatrie moderne). Je cherchais et cherche toujours encore à insister sur une particularité presqu’évidente : la fascination (phénomène personnel et non plus politique), point commun des dirigeants russes, des tsars, aux soviétiques pour finir enfin aux « autocrates-oligarques » qu’exercent sur ces dirigeants les régimes dictatoriaux aux « Maîtres » dont les mains sont pleines du sang de leurs opposants ou de leurs victimes arbitraires.
- Troisièmement : la jeunesse de la « démocratie » russe comparée à l’âge de celles des démocraties occidentales peut-être comparée à celle d’un élève d’école primaire face à celle d’un élève préparant sa maturité. Que représentent vingt années d’expérience politique à l’échelle plusieurs fois millénaire de l’histoire ? Sans compter, si je prends l’exemple de la France qu’il aura fallu trois révolutions pour stabiliser enfin un régime sur 140 ans ce qui est presqu’aussi dérisoire à l’échelle de l’histoire !
- Quatrièmement : le temps et l’espace laissé à l’expression de nos idées est un facteur de choix important pour la divulgation d’informations ou d’opinions. Des livres entiers seraient nécessaires pour dénoncer toutes les complicités et les exactions négociées et pratiquées dans notre monde aujourd’hui encore. Des années entières seraient nécessaires pour les décrire. Alors j’ai profité de l’actualité du « Printemps arabe » et des reliquats de ce dernier qui restent encore à résoudre en termes de Droit de l’Homme pour publier mon blog et mettre en évidences les difficultés et les compromissions face auxquelles les mouvements de libération sont soumis et doivent aussi se battre en plus du combat qu’ils mènent contre leur ennemi intérieur au visage plutôt macabre ! Quel sera le résultat final de ces mouvements de libération ? Personne ne peut les prédire aujourd’hui si ce n’est que l’histoire nous a appris que tout mouvement en période de genèse est fatalement soumis à des convulsions (voir ce qui se passe en Egypte aujourd’hui)
Voilà maintenant le moment venu pour publier l’intégralité de votre réponse :
Ecrit par S,Gowrié 04.02.2012
Allez, puisque vous vous répétez, je le ferais à mon tour. Ainsi, la Russie est l'amie des dictateurs et c'est détestable. Peut-on en conclure que tous les amis des dictateurs sont détestables ? Vous me voyez bien évidemment venir avec la même rengaine. Eh oui, le beurre, l'argent du beurre et, éventuellement, la femme du crémier, ce n’est pas toujours possible. Quant au droit de véto qui pervertit tout, de nouveau désolé et de nouveau la même rengaine. Pardon mais, vous en avez compté combien de la part des Russes ? Moi, j'en ai compté une septantaine de la part des Américains. Quant aux dirigeants corrompus avec les prisons pleines de gens hurlant leur douleur, de nouveau la même vieille rengaine. Vous connaissez comme moi la liste : Arabie Saoudite et tous les autres pays du golfe, tous les dictateurs maintenant déchus, etc. Mieux, l'Amérique elle-même, gardienne des libertés et des droits de l'homme dans le monde, tout cela oublié en une seule journée. Effectivement, de loin, rien de plus facile d'être les hommes les plus vertueux du monde mais dès que cela nous touche...Avez-vous entendu parler...d'Abou Ghraib ? Entre autres, bien sûr.
Allez, RDV à la prochaine grande réalisation démocratique.
D’abord parlons d’un point de désaccord. Vous utilisez souvent le mot de « rengaine » quand je cite les souffrances, les geôles et le droit de véto. Cela fait en effet partie de l’imagerie courante utilisée dans les dénonciations. Cependant, un nombre encore beaucoup trop important de personnes (sous l’effet de notre enseignement et de notre propre propagande à l’égard du fonctionnement de nos sociétés dites « propres ») croient encore à notre exemplarité ou atténuent – quand elles ne nient pas tout simplement les violents « dérapages » - l’effet concret des abominations que nous regardons passivement sur notre petit écran (tout en étant plus ou moins complices) en matière de respect de l’être humain et cela me pousse à chanter ces « rengaines » en refrain. Le cerveau des êtres humains à été rempli d’idées préconçues et la répétition de leurs contraires n’est que la seule réponse à y apporter. C’est en effet, en proclamant sans cesse – même de façon parfois trop littéraire et en utilisant des images à la limite de la sensiblerie – la violence réelle de notre monde et de notre époque que le mouvement citoyen, dont je me proclame, parviendra par une « contamination lente et persévérante » à faire éclater la VERITE et à conduire d’autres hommes vers des pensées et des actions plus humanistes, voire faire reculer des gouvernements.
Bien sûr, j’ai aussi comme vous les américains dans mon collimateur. Je n’ai pas oublié le Viet-Nam et les défoliants, les bombes au napalm laissant derrière elles des odeurs de chaire brulée, les massacres de villages entiers en guise de représailles au nom de la protection à apporter au Viet-Nam du Sud. Je n’ai pas oublié le Nicaragua. Je n’ai pas oublié Guatanamo et sa situation de vide juridique complet, phénomène unique au monde pour un Etat qui se veut de Droit, ni les prisons secrètes de la CIA en terre étrangère dont on sait par ailleurs que la Suisse en abrite au moins une !
Je me répète, je suis français, mais je me souviens aussi de l’époque de la collaboration avec l’Allemagne nazie, la rafle des juifs parisiens pour être entassés au vélodrome d’hiver avant d’être convoyés vers les camps d’extermination, les compromissions de personnes célèbres de tous les domaines avec ce régime exécrable. Je n’ai pas oublié la guerre d’Algérie pendant laquelle l’armée utilisait d’abord des lance-flammes avant de pénétrer dans des grottes sensées abriter des révolutionnaires ou l’utilisation de la fameuse « gégène » pour torturer les populations.
Je n’ai pas non-plus oublié le Brésil et le massacre d’indiens d’Amazonie perpétré de concert par les éleveurs qui brûlent le poumon de la terre pour quelques années d’herbage pour leurs troupeaux de bovins, les multinationales minières qui dégagent ainsi le terrain nécessaire à leur exploitation du sol et surtout avec la complicité de l’armée pour dégager du terrain pour construire des routes et ce encore sous la houlette du très vénéré et hypocrite Président Lulla !
Et quid d’autres pays « à la conscience démocratiquement tranquille ».
Mais où arrêter la liste de ces horreurs ? Quelle est la bonne stratégie à employer pour leur donner un terme ? Il est impossible de tout traiter, comparer et citer en même temps. Alors je me suis décidé à faire un travail de fourmi, rebondissant sur le tremplin des phénomènes d’actualité pour essayer de toucher des consciences auxquelles je n’aurais pas – au moins à répéter – les dernières nouvelles. C’est suivant ce procédé que j’ai décidé de m’exprimer. Est-ce efficace, conjoint aux efforts parallèles de mes congénères ? Seul le futur nous en apportera la réponse mais pour l’instant, j’y crois !
En conclusion et sans vouloir paraître résigné, un vieil adage à raison : l’histoire se répète et se répètera tout le temps. Nous qui nous engageons, ne faisons nous pas le même travail que Sisyphe condamné pour l’éternité par Jupiter à remonter un énorme bloc de pierre au sommet d’une colline, bloc qui retombe dans la vallée dès que le sommet est atteint et à Sisyphe de remonter son énorme bloc de pierre?
10:35 Publié dans Associations, Economie, Formation, Histoire, Médias, Monde, Politique, Résistance, Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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